La PQR se cherche au vert

Un mémoire sur la presse locale et l'environnement

J’ai commencé mon premier contrat pérenne il y a un an. Localier en alternance, dans un quotidien de PQR. Ça tombe bien, c’est ce que je voulais depuis toujours ! Comme n’importe qui en sortie d'école, j’ai posé sur mon bureau, à côté d’une vieille agrafeuse, une partie de mes idéaux. Et à chaque sujet, je les regarde : ont-ils leur place dans ma rédaction ?

J’ai envie de croire que oui. Il y a de la place dans les colonnes des journaux locaux pour parler de l’effondrement du vivant, de l’urgence climatique qui met en péril nos modes de vie et ceux des autres espèces, pour relayer les études qui, chaque semaine, tirent la sonnette d’alarme. Il y a assez d’espace pour chroniquer, au quotidien et au local, les bouleversements de cette France qui n’arrivera pas à se préserver d’un réchauffement d’1,5 °C sur le court terme.

Depuis quelques années, tout porte à croire que la presse locale a pris conscience de ces urgences. Certes, il a fallu attendre cinquante ans, après la sortie du rapport Meadows, pour que la PQR se bouge vraiment. Peut-on lui reprocher, plus qu’au reste des médias ou de la société ? Aujourd’hui, en tout cas, les principaux groupes s’équipent de chartes éditoriales ou de manifestes pour mieux parler d’environnement. Des rubriques dédiées et des suppléments naissent. Les briscards, à quelques bureaux du mien, qui depuis des décennies chroniquent la vie de leur territoire, sont formés aux questions de changement climatique.

Dans ce mémoire, il y a un peu de tout cela. Les doutes des journalistes eux-mêmes, pas certains que l’environnement intéresse leurs lecteurs, alors même qu’en parler est devenu, pour eux, une manière de lutter contre l’angoisse. La motivation des chefferies, qui croient sincèrement en la responsabilité de la PQR, et qui souhaitent rattraper le retard, même si elles ne savent pas toujours comment s’y prendre.

Que peut faire la presse locale face à l’urgence ? Qu’a-t-elle déjà fait ? Quelle place laisse-t-elle réellement, loin des discours marketing, à la crise du vivant et à l’urgence climatique ?

Les personnes interrogées dans ce mémoire viennent de toute la France, de toutes les rédactions. Ils et elles sont rédactrice en cheffe, responsable éditorial, journalistes passionnés par l’environnement, responsable RSE, jeune cheffe soucieuse de mieux faire, formateur sur les questions de climat. Ils et elles apportent leur expérience, leur vécu parfois sensible des questions environnementales et des mutations qui ont traversé leur journal.

Après la lecture de ce mémoire, vous y verrez peut-être plus clair, tout comme j’y vois désormais, moi-même, plus clair. Et vous aurez, espérons-le, acquis une conviction : la presse locale a un rôle déterminant à jouer dans l’ultime tentative qu’il nous reste à mener pour inverser la crise du vivant et du climat. Reste à trouver la bonne recette.

Fiche technique

Auteur du mémoire Quentin Saison
quentin.saison/arobase/pm.me
Directrice de mémoire Carole Layac
Intitulé original du mémoire Presse locale et journalisme environnemental : le local à l’heure des bouleversements environnementaux
Période de travail de janvier 2024 à septembre 2025
Institution Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine / Université Bordeaux Montaigne